Penser l’alimentation à la frontière

La frontière : entrave ou levier à la relocalisation ? Peut-elle devenir une ressource stratégique pour construire du local autrement ?

Tel était le sujet débattu durant le colloque organisé par l’Université de Pau et du Pays de l’Adour lors de la journée qui s’est tenue le 16 octobre sur le campus de Bayonne.

Jacobo RAMÍREZ, est intervenu pour le compte du Groupement Européen de Coopération Territoriale Pirineos–Pyrénées.

Il a rappelé les objectifs du GECT Pirineos-Pyrénées en matière de mobilité, d’accessibilité, de prévention des risques, mais aussi de développement du territoire. For-alimenta s’inscrit precisemment dans cet dernier axe.

Après un rappel des origines il a présenté ce projet qui souhaite :

  • Mettre en place un réseau pédagogique transfrontalier avec des écoles, des élèves, des chefs pour valoriser et sensibiliser aux produits alimentaires du territoire, pour faire découvrir les saveurs des deux côtés de la frontière, et pour encourager leur utilisation.
  • Professionnaliser l’agritourisme autour d’une destination « Pirineos–Pyrénées« .
  1. Identification d’un réseau de producteurs sensibles à l’agritourisme. 
  2. Accompagnement et création pour la professionnalisation des structures d’agritourisme. 
  3. Création d’un réseau transfrontalier d’agritourisme.

La démarche « Manger Bio & Local 64 » est une initiative du Département des Pyrénées-Atlantiques lancée en 2010. Elle vise à promouvoir une alimentation saine, locale et durable dans les établissements de restauration collective du département (collèges, maisons de retraite…).

Il existe une volonté de réfléchir à ce modèle, qui intéresse beaucoup les partenaires aragonais ; pourquoi n’irait-on pas demain vers un approvisionnement par delà la frontière ?

J. Ramírez

Les actions menées en 18 mois

  • Formation agritourisme
  • Campagne de promotion de produits locaux pour la randonnée
  • Salons (Tarbes et Paris)
  • Cartographie transfrontalière

Difficultés rencontrées

  • Asymétrie d’organisation entre France et Espagne : versant Nord, l’artisanat est très structuré au sein de groupements professionnels dédiés; Au Sud des Pyrénées, artisanat et produits locaux se retrouvent dans des collectifs aux côtés de grosses structures.
  • Différence du cadre légal : la loi française Egalim  impose des obligations strictes en matière d’approvisionnement en produits durables et de qualité dans la restauration collective. Le fonctionnement espagnol est très différent et ne permet pas une approche sur les produits locaux.

Pour conclure, il a résumé l’un des principaux objectifs du projet qui est de faire en sorte que demain la frontière, ou en tout cas le territoire voisin, devienne aussi une ressource en produits locaux pour nous alimenter. Former, sensibiliser, à l’ensemble du territoire, pour développer le réflexe d’aller voir « de l’autre côté ». Il faut encourager la circulation de nos produits dans divers secteurs : restauration collective, restaurants, marchés, distribution…

1 réflexion sur “Penser l’alimentation à la frontière”

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